La machine à remonter le temps


“Ah si j’avais une machine à remonter le temps…”

Je pense que je ne suis pas le seul à m’être fait cette réflexion en voyant le prix de vente de certains noms de domaine. Il aurait suffit que je sois le premier à avoir l’idée d’acheter porn.com, vodka.com, france.com, masculin.com.
5€ pour enregistrer l’un de ces 4 ndd, ça aurait le meilleur investissement de ma vie !

David (domaine1.fr) avait évoqué le cas de France.com dans un commentaire. Alors essayons ensemble de remonter le temps pour acheter ce nom de domaine.

Je ne m’attarderai pas sur les techniques de fabrication d’une machine à voyager dans le temps puisque tout le monde a vu “Retour vers le futur” au moins une fois.

Nous allons commencer par faire un whois sur le domaine france.com pour déterminer la date de notre voyage dans le passé : il nous faut arriver avant le 10 février 1994.

1994, c’est la préhistoire du NET (comme dans .net…) d’ailleurs en 94-95-96 tout le monde achète des .net, pas des .com.

Questions techniques :
Vous aviez Internet, vous, en 1994 ? Moi je ne savais même pas que ça existait.
Comment accéder à Internet à cette époque ? 20000 francs pour un PC équipé de windows 3.1 qui a besoin d’un patch TCP/IP pour accéder à Internet ultra bas-débit (le modem 14.4K est la norme)
Comment héberger un site à cette époque ?
Quels arguments donner pour expliquer qu’acheter France.com est un investissement ? Personne n’imagine à cette époque ce que va devenir Internet.

En ce qui me concerne j’ai acheté mes premiers noms de domaine en décembre 1999.
Enregistrement pour 2 ans chez Register.com. Coût par domaine : environ 500Francs si je me souviens bien.
Un peu plus tard, je suis passé chez gandi.net qui proposait les noms de domaine à seulement 12€ par an.

Mais en 1994 ? Je n’ai aucune des prix des .com, mais ça n’a pas vraiment d’importance. Même à 100€ par an c’est une goutte d’eau par rapport à l’investissement technique dans le matériel permettant d’accéder au net… et il y a encore pire s’il faut investir dans un serveur et y configurer notre site (certes, un domaineur n’a pas besoin de ça. Mais quand même… pour investir dans quelque chose, en l’occurence un nom de domaine, il faut au moins avoir une vague idée de ce à quoi ça sert et de comment s’en servir. Pas évident en 1994…)

Même en ayant l’intuition qu’investir dans des noms de domaine “premium” (évidemment ce type de vocabulaire n’existait pas à l’époque, pas plus que le mot “domainer”) était une bonne opportunité, il faut acheter la bonne extension. Parier sur le .com contre le .net en 1994 n’était pas évident du tout.

Tout ça pour dire qu’il n’y a pas de regret à avoir. Les noms vraiment exceptionnels ont la plupart du temps été enregistrés au milieu des années 1990 ou encore plus tôt dans des conditions techniques extrêmement plus difficiles qu’aujourd’hui. Croyez vous vraiment qu’à cette époque là, vous auriez été capable d’enregistrer des noms de domaine ? Pas moi.

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2 commentaires ↓

#1 david chelly on 02.03.08 at 21:38

Salut,
j’ai lu la même analyse sur un blog américain (je me souviens pas lequel). Et je suis totalement d’accord. Pas de regret à avoir, au contraire. C’est actuellement le meilleur moment d’investir dans les domaines, pas il y a 13 ou 14 ans, où personne n’aurait pensé à ce que ça allait devenir. Ni même 5 ans après, car seuls les “fous” enregistraient des domaines.
Sur france.com, son heureux propriétaire l’a enregistré pour un coût de… 0 euro ! Il était (et est toujours) aux USA et l’enregistrement des .com était alors reservé aux sociétés commerciales américaines et était gratuit. Mais ce chanceux monsieur est une exception. Les big players sont arrivés autour de 2000 et surtout en 2001, après l’explosion de la bulle. Mais c’était encore des “fous isolés” car on ne pouvait toujours pas monétiser.

PS. Sur jeu.fr, je suis sûr que je n’exagère pas :-). On peut faire facilement 10,000 euros par mois en type-in avec un bon nom… C’est le cas de juegos.es. Jeu.fr est plus court (donc plus sujet au type-in), mais la navigation directe est moins développée en français. Difficile à évaluer précisément, mais le type-in est important, sans aucun doute. Labourse.fr (et non bourse.fr) fait 1200 euros par mois en type-in et ce n’est qu’un exemple…

#2 admin on 02.03.08 at 22:49

Oui je m’étais inspiré de dnbizblog pour ce billet (je parle à l’imparfait parce que ça faisait des semaines que j’avais cet article dans mes brouillons de wordpress). Je me suis encore fait griller :D

Mes premiers noms de domaines ont été déposé en décembre 1999 et il s’agissait de .net car les .com n’étaient déjà plus libres. A cette époque, il y avait déjà des fous qui pré-réservaient des IDN chez register.com avant même d’être sûr que les noms avec accents fonctionneraient réellement un jour. Je regardais ça de très loin, mais il me semble que les “fous” étaient assez nombreux. Dès 1999, j’ai eu le sentiment que c’était déjà la pénurie (en ce qui concerne les ndd qui m’intéressaient en tous cas). monprenom.com : déposé en 1996, monnom.com : déposé en 1996, les lieux géographiques en .com étaient pris également (pas les petits villages, mais maregion.com et mondepartement.com et les régions voisines et les villes importantes). En surveillant les domaines expirés tout au long de ces années, j’aurais peut-être pu en récupérer quelques uns mais pas beaucoup. La plupart n’ont jamais expiré depuis leur enregistrement.

Mes premiers domaines étaient atlantique.net et poemes.net. Ce n’est pas mauvais. Mais si je calcule ce que ça m’a couté en 8 ans en frais de renouvellement, j’arrive à une somme qui aurait pu me permettre d’acheter de meilleurs domaines aujourd’hui sur le second marché.(déjà des .com au lieu de .net)
Donc pour les bons domaines que j’aurais pu avoir l’idée d’acheter, 2000-2001 c’était déjà beaucoup trop tard.

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